18.10.2008
Interwiew avec SalsaBelgique de 2003
Interview en novembre 2003 par Hamid de SalsaBelgique après une soirée salsa à La Tentation de Bruxelles
http://salsabelgique.be/Interviews/Dj%20Aimeline.html
Quand as-tu commencé a t'intrésser à la musique latino ?
Aimeline- J'ai commencé par découvrir la pop espagnole lors d'un long séjour à Madrid en 1995. A mon retour à Paris , je me suis branchée sur Radio Latina, la seule radio latine à Paris. Et j'ai découvert grâce à leurs pub les soirées salsa, concert aux Etoiles (un club mythique). L'ambiance était tellement surevoltée, les gens dansaient partout, les musiciens étaient à fond, j'ai été conquise immédiatement par cette musique. J'ai fréquenté ces soirées pendant un bon moment avant de partir en vacance à Cuba en 1998. C'est à mon retour que j'ai commencé à prenre des cours de salsa avec les cubains de la capitale....c'est le début de la grande passion.
C'est assez rare de voir des femmes d'j, pourquoi t'es tu intréssé à ce milieu ?
Aimeline- Ca me rappelle une anecdote....le patron d'une discothèque très connue à Zurich, quand on me l'a présenté comme DJ, m'a regardé de haut en bas en me disant "Tu sabes, Nina, la salsa no es cosa de mujeres !" J'ai compris à la fin de la soirée qu'il ne voyait pas d'inconvénient à me voir derrière les platines et qu'il avait plutôt aimé ma prestation. Tout ça pour dire que dans ce milieu il y a peu de femme...mais je ne pense pas que les hommes nous ferment les portes. Personnellement beaucoup de collègues DJ hommes m'ont aidé, m'ont conseillé, certains sont même protecteurs à mon égard et me traitent comme une princesse (j'adore !) D'autres sont très blagueurs, et à mes débuts sur les scènes étrangères, certains grands DJ's m'ont bizutée...je pense à Henry Knowles, Pepe Bassan, Miguelon. Mais c'est aussi grâce à eux que le Bébé DJ que je suis va grandir. Le plus dur pour une femme c'est d'être DJ tout simplement...mais il y en a de plus en plus.
Aujourd'hui tu joues un peu partout en Europe ; est-ce ta principale activité, si non comment t'organise tu ?
Aimeline- Oui c'est ma principale activité aujourd'hui. Je travaille également pour une petite association Cubaine 3 après-midi par semaine. Un petit boulot de coordination administrative, de communication, d'organisation d'évènement...qui me permet de garder un lien sérieux avec la société, un vrai boulot sérieux . Ma priorité c'est de continuer à progresser comme DJ , viyager, rencontrer les salseros du monde entier !
Quels sont les chanteurs ou les groupes qui t'ont le plus inspiré ?
Aimeline- Au début j'ai beaucoup écouté Machito, Perez Prado, Benny More, Tito Puente...du mambo, du pur, du dur !
Quel est ton répertoire préfèré ?
Aimeline- Jadore la salsa portoricaine, new-yorkaise des années 70. La salsa "nueva era" m'inspire moins même si je me tiens au courant grâce à un abonnement à connexion Latina de Miami qui m'envoie tous les mois des nouveautés. Le Mambo, le Latin Jazz et le Boogaloo me motivent aussi énormément. Sans oublier Cuba et le Son, le Bolero...du bonheur pour les oreilles.
Certains DJ's latino choisissent la musique selon les paroles d'autres selon la mélodie et le rythme, et toi comment tu fais ?
Aimeline- Tu sais, une animation réussie, c'est le résultat d'une alchimie entre le public et la programmation du DJ. Ce qui signifie que ma programmation change d'un public à l'autre. Public latino, attention les paroles comptent beaucoup. Public de bons danseurs, les paroles comptent moins, beaucoup ne comprennent pas l'espagnol ou n'écoutent pas les textes (oups désolée...)par contre le rythme et la mélodie sont importants. Public de non danseurs, idem, le rythme doit être moins rapide.
Depuis le mois d'octobre tu as animes beaucoup de soirées a Bruxelles et à Anvers, que pense tu des salseros en Belgique ?
Aimeline- D'ailleur je remercie Conny et Oscar qui m'ont fait découvrir la scène Bruxelloise, Pepe de Axxes, Luis et Sergio de Los Romanticos et Justo de La Tentation. C'est toujours un bonheur de venir en Belgique. L'accueil des salseros belges est très chaleureuse. C'est un public ouvert qui visiblement aime la musique latine.
Vois tu des différences entre les soirées salsa en Belgique et en France ?
Aimeline- Incontestablement, d'une capitale à l'autre on voit des différences. Si je compare les soirées à Paris avec les soirée à Bruxelles, il me semble que le public est plus cool ici. J'ai l'impression d'une fraîcheur qui a un peu disparu de nos soirées parisienne. A Bruxelles les danseurs viennent souvent me voir à la cabine, un petit mot sympa, un compliment, on me remercie en fin de soirée pour la musique (qu'est-ce que c'est agréable !). A Paris, j'ai l'impression que les danseurs sont plus blasés.
Pour conclure, dans le futur te vois tu toujours DJ ou tu as des projets ?
Aimeline- C'est drôle parce que j'ai révé il n'y a pas longtemps que j'étais enceinte et derrière les platines...un peu plus tard dans la nuit, j'allais dans les congrès internationaux avec mon petit mouflet et mes CDs ! Tu sais avant j'étais consultante, un vrai métier très sérieux...j'ai tout lâché il y a 2 ans pour faire danser les gens. Alors laisse moi encore un peu de temps pour en profiter, continuer à apprendre, voyager...j'aime cette folie de vivre au jour le jour. Je n'ai pas de projets pour l'avenir , la vie me guidera, je préfère laisser faire les choses.
Salsabelgique remercie Aimeline pour sa disponibilité et sa gentillesse
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